Comment un plan caméra raconte une histoire : Chronique d’un Réalisateur

J’aimerais partager avec vous une réflexion de réalisateur à propos de la mise en scène de fiction notamment une réflexion autour du sujet du cadre de la caméra et plus précisément du plan cinéma.

 Je parle de réflexion pour faire la différence avec une information ou une formation théorique, ce n’est pas le sujet de cet article car la fabrication d’un plan cinéma est propre à chaque réalisateur avec, je pense, certains points communs.  Quand je pose la question comment un plan vidéo (un plan cinéma) raconte une histoire, ce n’est pas moins une question qu’une affirmation à mon sens. Je continue à attirer votre attention (pour éviter de recevoir des injures) que ceci est un article subjectif qui n’engage que moi. C’est aussi un article qui s’adresse aux acteurs qui souhaitent prendre conscience de la manière dont ils sont filmés et pourquoi.

Un Plan c’est quoi  ?

C’est le cadre de la caméra qui filme un champ de vision en 3 dimensions (avec l’axe de la hauteur, de la largeur et de la profondeur) dans lequel se trouvent par exemple un décor, les accessoires et les acteurs.  Un plan c’est comment la caméra est positionnée, ce qu’elle filme et comment. Un plan est au service du scénario. Pour fabriquer un plan on doit se poser des questions techniques, esthétiques et narratives.

 

Pour la partie technique, on peut suivre simplement les règles du découpage et on peut aussi “casser ses règles” car cela va raconter une autre histoire. Voici un exemple :  lorsqu’on cadre un personnage en plan rapproché, on doit lui laisser de l’espace devant son regard pour respecter la règle des tiers, sans rentrer dans les détails c’est un équilibre de l’image entre le personnage, son décor et un autre personnage. Mais si on veut raconter que ce personnage a un problème existentiel lié à la situation, on peut le mettre “au bord du cadre”, c’est-à-dire lui retirer tout espace devant le visage et on va créer une sensation d’étouffement, d’enfermement. Ce plan va accentuer la problématique psychologique de notre personnage. 

 

La Lumière est la source de votre image. Sur un tournage, il y a un chef opérateur ( directeur de la photo) qui s’occupe  de régler les lumières, pour que la caméra en reçoive une quantité suffisante. Il gère également sa qualité esthétique ou la plupart des cas, narrative ! Une lumière dans un plan va souligner, amplifier, et/ou va accompagner l’histoire. On peut reproduire la lumière d’un décor créé ou d’un décor naturel dans lequel on tourne. Par exemple,si la lumière rentre par une fenêtre alors on placera un spot devant celle-ci. Ou pour reproduire la lumière artificielle du plafonnier, on fixera des spots au plafond. Une fois le réalisateur demandera une lumière puissante presque aveuglante parce que la situation est tendue, une autre fois il voudra une lumière douce, feutrée et enveloppante pour une scène d’émotion ou encore une lumière directive sur un personnage pour un interrogatoire de police où les ombres d’un côté du visage seront bien marquées.

 

Le mouvement de la caméra également raconte l’histoire du plan. Prenons l’exemple du fameux plan séquence : c’est-à-dire que toute la scène est filmée sans couper la caméra. Le plan séquence raconte une histoire  avec une sensation “de direct” pour, par exemple, présenter des personnages, un lieu, une course poursuite ou une scène de bagarre ou encore pour immerger totalement le spectateur dans cette action. Autre exemple le travelling : le déplacement de la caméra vers un point donné. Un long traveling avant commence en large et s’approche doucement, très doucement pour finir sur le visage d’un comédien. Ce mouvement va susciter peut-être un suspense dans l’esprit du spectateur.

Il y a bien sûr bien d’autres critères  pour faire “parler un plan comme par exemple la couleur choisie… Autant qu’il y a d’interprètes de l’image.

Le plan cinéma est un langage

C’est passionnant de savoir que le plan fait partie intégrante du langage cinéma. Il permet d’émouvoir le spectateur, le faire réagir et l’immerger dans le film. C’est un langage sensoriel dans lequel  le plan est à l’instar du mot dans une phrase, d’une expression dans un texte. Le plan peut être aussi un chapitre entier pour un roman. Il est à la fois “micro”, infiniment petit, comme “macro”, infiniment grand, dans l’importance symbolique qu’on lui donne. Il est à l’image du morceau de puzzle. S’il manque un plan, attention à la faute de raccord !

En commentaire, donnez-moi votre propre réflexion autour du plan vidéo cinéma, cela m’intéresserait vraiment !

 merci d’avoir lu à bientôt 

Eddy Creuzet Réalisateur/ Formateur Vidéo et Entraineur d’Acteur

 

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