Archives de catégorie : Commentaire de réalisateur

C’est quoi un acteur(trice) ? c’est quoi un comédien(ne) ? Quelles différences ?

Le débat est ouvert et restera ouvert sur ces questions. Un certain consensus s’est imposé quand même au fil des années. Il existe un réflexe: celui d’opposer acteur et comédien comme on confronte cinéma et théâtre. Certains l’expliquent ainsi : l’acteur pour le cinéma et le comédien pour le théâtre ?

Évitons cependant de  tout opposer systématiquement,  je préfère différencier et associer si c’est possible. 

L’art de jouer la comédie peut tour à tour utiliser le concept de L’acteur et celui du comédien. 

Alors qu’elle est cette différence entre Acteur et Comédien  ? 

De mon point de vue ( toujours dans ce blog CQFD) , 

Être Acteur, c’est l’idée selon laquelle on invoque son MOI intérieur, l’on travaille un rôle avec son propre matériel :  son corps, sa voix et l’on pourra y greffer quelques couches de “caractérisation” du personnage. 

Être Comédien; c’est l’idée selon laquelle l’incarnation est optimale dans le personnage au point de s’oublier : on peut ne pas vous reconnaître physiquement, vous changez votre voix, votre démarche, vos yeux (avec des lentilles) …

Quels exemples de différences entre Acteur et Comédien  ?

Voici des exemples pour illustrer mes propos: Vincent Lindon est un acteur, il va interpréter le personnage avec ce qu’il est !  Il peut y ajouter un changement d’allure, de gestes (autour de la profession du personnage par exemple) mais globalement on va reconnaître le jeu de Vincent de Lindon (avec ou sans “moustache”) dans toute sa filmographie (à part quelques exceptions)

A contrario, Joaquin Phoenix, a incarné le Joker dernièrement :  il a perdu 11 kilos, créé le rire du Joker, le costume, ses cheveux…

Ça c’est pour l’extérieur du rôle. En matière de Jeu, c’est la même chose. L’acteur ne va s’investir autant que le comédien dans un rôle et sera moins impacté psychologiquement après le tournage que certains artistes. C’est en théorie et n’est pas systématique évidemment ! Prenez l’exemple des films de comédie, l’artiste interprète est acteur pour jouer “le beau-frère rigolo” et le même artiste sera  comédien pour jouer dans un drame, un soldat de la guerre de 14/18…

Le travail de préparation ne sera pas le même ! 

Être Acteur et/ou Comédien comment choisir ?

À  priori vous n’avez pas à faire ce choix puisque cela dépendra du rôle proposé dans un projet. Si vous décrochez un rôle dans une série TV quotidienne, vous allez être acteur, faire vivre le personnage dans son quotidien avec les autres personnages dans une  production de tournage rapide où la préparation du personnage sera succincte. 

Si vous décrochez un rôle dans un film de genre, par exemple (thriller, fantastique, horreur)  vous êtes comédien pour incarner un personnage mi-bête, mi humaine.

Pour terminer, voici mon conseil : travailler en dehors des tournages sur des personnages qui s’éloignent de vous, cherchez à l’Intérieur de vous  et à l’extérieur de vous des comportements, des situations hors normes. Travaillez les avec vos camarades comédiens ou dans des ateliers actings. Cela participe également à un travail d’introspection. Vous allez découvrir des choses en vous que vous n’aurez pas soupçonné.  Cela vous donnera plus de confiance pour les prochains tournages en tant qu’Acteur. ( et les castings aussi of course) 

En commentaire, donnez-moi votre propre réflexion autour du plan vidéo cinéma, cela m’intéresserait vraiment !

merci d’avoir lu à bientôt

Eddy Creuzet Réalisateur/ Formateur Vidéo et Entraineur d’Acteur

Mon Site de Fiction : Court-métrages et Séries digitales : www.eddycreuzet-realisation.fr

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Comment un plan caméra raconte une histoire : Chronique d’un Réalisateur

J’aimerais partager avec vous une réflexion de réalisateur à propos de la mise en scène de fiction notamment une réflexion autour du sujet du cadre de la caméra et plus précisément du plan cinéma.

 Je parle de réflexion pour faire la différence avec une information ou une formation théorique, ce n’est pas le sujet de cet article car la fabrication d’un plan cinéma est propre à chaque réalisateur avec, je pense, certains points communs.  Quand je pose la question comment un plan vidéo (un plan cinéma) raconte une histoire, ce n’est pas moins une question qu’une affirmation à mon sens. Je continue à attirer votre attention (pour éviter de recevoir des injures) que ceci est un article subjectif qui n’engage que moi. C’est aussi un article qui s’adresse aux acteurs qui souhaitent prendre conscience de la manière dont ils sont filmés et pourquoi.

Un Plan c’est quoi  ?

C’est le cadre de la caméra qui filme un champ de vision en 3 dimensions (avec l’axe de la hauteur, de la largeur et de la profondeur) dans lequel se trouvent par exemple un décor, les accessoires et les acteurs.  Un plan c’est comment la caméra est positionnée, ce qu’elle filme et comment. Un plan est au service du scénario. Pour fabriquer un plan on doit se poser des questions techniques, esthétiques et narratives.

 

Pour la partie technique, on peut suivre simplement les règles du découpage et on peut aussi “casser ses règles” car cela va raconter une autre histoire. Voici un exemple :  lorsqu’on cadre un personnage en plan rapproché, on doit lui laisser de l’espace devant son regard pour respecter la règle des tiers, sans rentrer dans les détails c’est un équilibre de l’image entre le personnage, son décor et un autre personnage. Mais si on veut raconter que ce personnage a un problème existentiel lié à la situation, on peut le mettre “au bord du cadre”, c’est-à-dire lui retirer tout espace devant le visage et on va créer une sensation d’étouffement, d’enfermement. Ce plan va accentuer la problématique psychologique de notre personnage. 

 

La Lumière est la source de votre image. Sur un tournage, il y a un chef opérateur ( directeur de la photo) qui s’occupe  de régler les lumières, pour que la caméra en reçoive une quantité suffisante. Il gère également sa qualité esthétique ou la plupart des cas, narrative ! Une lumière dans un plan va souligner, amplifier, et/ou va accompagner l’histoire. On peut reproduire la lumière d’un décor créé ou d’un décor naturel dans lequel on tourne. Par exemple,si la lumière rentre par une fenêtre alors on placera un spot devant celle-ci. Ou pour reproduire la lumière artificielle du plafonnier, on fixera des spots au plafond. Une fois le réalisateur demandera une lumière puissante presque aveuglante parce que la situation est tendue, une autre fois il voudra une lumière douce, feutrée et enveloppante pour une scène d’émotion ou encore une lumière directive sur un personnage pour un interrogatoire de police où les ombres d’un côté du visage seront bien marquées.

 

Le mouvement de la caméra également raconte l’histoire du plan. Prenons l’exemple du fameux plan séquence : c’est-à-dire que toute la scène est filmée sans couper la caméra. Le plan séquence raconte une histoire  avec une sensation “de direct” pour, par exemple, présenter des personnages, un lieu, une course poursuite ou une scène de bagarre ou encore pour immerger totalement le spectateur dans cette action. Autre exemple le travelling : le déplacement de la caméra vers un point donné. Un long traveling avant commence en large et s’approche doucement, très doucement pour finir sur le visage d’un comédien. Ce mouvement va susciter peut-être un suspense dans l’esprit du spectateur.

Il y a bien sûr bien d’autres critères  pour faire “parler un plan comme par exemple la couleur choisie… Autant qu’il y a d’interprètes de l’image.

Le plan cinéma est un langage

C’est passionnant de savoir que le plan fait partie intégrante du langage cinéma. Il permet d’émouvoir le spectateur, le faire réagir et l’immerger dans le film. C’est un langage sensoriel dans lequel  le plan est à l’instar du mot dans une phrase, d’une expression dans un texte. Le plan peut être aussi un chapitre entier pour un roman. Il est à la fois “micro”, infiniment petit, comme “macro”, infiniment grand, dans l’importance symbolique qu’on lui donne. Il est à l’image du morceau de puzzle. S’il manque un plan, attention à la faute de raccord !

En commentaire, donnez-moi votre propre réflexion autour du plan vidéo cinéma, cela m’intéresserait vraiment !

 merci d’avoir lu à bientôt 

Eddy Creuzet Réalisateur/ Formateur Vidéo et Entraineur d’Acteur

 

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Les 3 choses importantes pour être un bon acteur : 1- l’émotion, 2- l’émotion et 3- l’émotion

 

On oublie assez souvent de se demander quel est le rôle d’un acteur. C’est  la question que je pose aux acteurs(trices) lors de mes stages jeu caméra, lors de mes tournages ou d’entraînements Acting. Évidemment chacun a sa réponse, chacun a sa vérité et tant mieux car il n’y a pas qu’une seule définition! Il y a celle que vous sentez profondément en tant qu’acteur et qui vous motive, qui vous transcende à vouloir faire ce métier. En tant que réalisateur/directeur d’acteurs, je me dois de donner une définition du rôle de l’acteur, ce qui permet, je pense, d’avoir un but à atteindre, un cap à ne jamais perdre de vue : susciter de l’émotion chez le spectateur !

une définition du rôle de l’acteur : susciter de l’émotion chez le spectateur

 

 

 

 

 

 

 

Comment l’acteur(trice) peut « générer » de l’émotion sincère ?

Vous avez réussi à déclencher de l’émotion chez le spectateur, bravo vous pouvez en être fier. C’est la phase finale de votre boulot car ce travail de transmission commence en amont. En premier lieu, l’acteur doit ressentir cette émotion ! Une émotion soit fabriquée de toutes pièces ou soit ressortie  d’un souvenir personnel ( cet éternel débat fera partie d’un autre article). Cette émotion devient celle du personnage. Pour que le public croit en son personnage, à l’émotion qu’il ressent, l’acteur doit y croire dur comme fer ! 

J’entends parfois de la bouche d’acteur cette phrase : « comment veux-tu que je fasse cette scène ? » Ou « comment je fais pour jouer ce plan ? ». C’est souvent l’écueil de l’acteur inexpérimenté, c’est devoir « faire »,  « faire bien » « être un bon acteur ». Je pense plutôt qu’il faut dans « l’être », abandonner le verbe « faire » et « s’en foutre » (sorry pour mon langage) de bien jouer ou pas ! Demandez-vous plutôt si vous avez ressenti quelque chose ! L’acteur(trice) de cinéma doit penser à être « ici et maintenant », être dans la situation de la séquence, être dans le personnage et ses états d’âme et enfin, être dans l’émotion. 

C’est vrai que certaines productions de séries télés quotidiennes exigent un rythme soutenu aux acteurs. Ce rythme ne permet pas de créer une atmosphère propice à la création d’émotions propres à la scéquence.  Alors l’acteur a tendance à « plaquer » l’émotion, c’est-à-dire à ne pas vraiment ressentir celle-ci. D’autres paramètres, autres que le manque de temps peuvent empêcher l’acteur de bien travailler : le manque de direction d’acteur (souvent dans les courts-métrages d’école de cinéma, les apprentis réalisateurs ont peur de l’acteur : cela fera l’objet d’un article prochain).  Et donc cela déclenche un manque de confiance en soi qui perturbe l’esprit de l’acteur, il se sclérose dans ce sentiment et perturbe l’essence même de son travail: créer l’émotion chez le spectateur.

La technique au service de l’émotion ?

Alors heureusement, la fiction c’est aussi de la technique au service de l’artistique, on arrive ainsi à l’aide d’effets de caméra, de la mise en scène et beaucoup du montage avec la musique a heureusement susciter l’émotion chez le spectateur (même si l’acteur n’était pas pleinement dans l’émotion au moment du tournage). Bien sûr pour moi « un mauvais acteur » est  celui qui pense justement que la technique va se substituer à son travail de création d’émotion ! À l’inverse « le bon acteur » pour moi est celui qui sait que la technique cinéma va enrichir, appuyer, sublimer l’émotion mais que lui en amont  doit l’avoir ressenti.

S’entraîner ? sans déconner ?

Deux exercices d’entraînement d’acteur pour conclure :

1- Profitez lors de répétitions de tournage, de stage acting jeu caméra ou bien encore lors de votre travail personnel à la maison, sur une séquence de fiction, de systématiquement attendre de ressentir l’émotion avant d’ouvrir la bouche, avant de dire votre réplique. Donnez vraiment ce temps à l’émotion, entraînez-vous souvent et vous verrez que ce temps diminuera bien sûr, cela deviendra un automatisme et votre cerveau deviendra plus rapide! Et vous serez prêts à tourner dans les productions « speed » des séries  TV quotidiennes (entre autres !)

2-Prenez votre smartphone, imaginez-vous en train de recevoir un appel d’une personne que vous connaissez : lors de la sonnerie vous êtes content de décrocher et ensuite cette personne va partir dans un monologue et vous apporter des mauvaises nouvelles. N’imaginez pas une situation trop dramatique mais suffisamment  problématique pour susciter de l’émotion chez vous. Ensuite prenez au moins 1 à 2 minutes pour écouter et faire monter les émotions (par paliers) et réagissez uniquement avec le corps, la respiration, de l’action ( marcher, allumer une cigarette, boire un verre d’eau etc. Ne mimez pas ! Vous faites du cinéma !). L’exercice s’arrête au moment de votre 1ère réplique qui sera vraisemblablement chargée d’émotion !

Merci de m’avoir lu,  à très vite.

Eddy Creuzet Réalisateur/ Formateur Vidéo et Entraineur d’Acteur

 

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